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La coalition a pour mission d'engager le Québec dans une réforme en profondeur de l'exploration et de l'exploitation de ses ressources minérales afin de permettre le développement futur du secteur tout en assurant une protection accrue de l’environnement et de la qualité de vie des citoyens.

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LE REJET DES CRIS SONNE L’ARRÊT DU PROJET

Communiqué
Mots-clés:

PROJET D’URANIUM À LA BAIE-JAMES

Montréal, le 26 novembre 2010. Le rejet des Cris sonne l’arrêt du projet d’uranium de la compagnie minière Strateco à la Baie-James. « Malgré les prétentions et les discours actuels de la compagnie pour tenter de convaincre tout le monde du contraire, le refus du projet d’uranium par les Cris est clair et net. L’acceptabilité sociale et environnementale de ce projet situé en plein coeur du territoire traditionnel des Cris n’y est pas. La compagnie doit prendre acte de ce refus et retirer son projet », affirme la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine!

Dans un communiqué émis hier après-midi, le Chef Matthew Coon Come du Grand Conseil des Cris juge que « les impacts potentiels de ce projet d’uranium sont de beaucoup supérieurs à tout bénéfice éventuel », une conclusion que partage également la nation crie de Mistissini, la principale affectée par le projet.

C’est d’ailleurs sous une salve d’applaudissements nourris par près 300 personnes que le Chef de la communauté de Mistissini, M. Richard Shecapio, annonçait mardi soir dernier que la nation crie s’opposait au projet. En citant notamment les effets à long terme sur l’environnement, M. Shecapio a expliqué que le projet d’uranium allait « à l’encontre des valeurs fondamentales des Cris ». Les Cris expliquent également que cette décision est le fruit d’un long processus d’analyse des aspects positifs et négatifs du projet.

« Les Cris ont raison de s’opposer à ce projet d’uranium qui, s’il devenait une mine, produirait plus de 1,5 millions de tonnes de résidus miniers radioactifs dont les risques de contamination dans l’environnement perdurerait pendant des milliers d’années », affirme Ugo Lapointe, porte-parole de la coalition. Ces risques de contamination n’ont d’ailleurs pas été niés hier soir lors des interventions de la compagnie Strateco et celles de la Commission canadienne de sûreté du nucléaire.

Chibougamau divisée et peu mobilisée

Contrairement à la nation crie de Mistissini, la population de Chibougamau semblait visiblement beaucoup moins intéressée et mobilisée par le projet. « À peine quelques dizaines de personnes se sont présentées aux audiences publiques. C’est à se demander si la population a été informée adéquatement des enjeux du projet et de la tenue des audiences publiques », s’interroge Ramsey Hart, de Mining Watch Canada, qui était présent aux deux soirées d’audiences publiques.

Marie-Geneviève Chabot, citoyenne de Chapais, n’a d’ailleurs pas manqué l’occasion de critiquer les autorités locales et régionales pour leur manque de transparence et d’impartialité à l’égard du projet et de la population. « Aucun débat public n’a été organisé en région. Nous n’avons jamais été exposés aux deux côtés de la médaille. Les seuls experts qui sont venus avaient pratiquement tous le même point de vue et étaient plus souvent qu’autrement liés à l’industrie minière ou celle du nucléaire! », dénonce-t-elle.

Enjeux d’éthique

La mairesse de Chibougamau, Mme Manon Cyr, a d’ailleurs été aperçue la veille des audiences publiques dans un restaurant de Chibougamau en compagnie des dirigeants de la compagnie Strateco, « une situation hautement questionnable pour une élue qui prétend être neutre et impartiale à la veille d’un important exercice démocratique », affirme François Lapierre, Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE).

Déni de la compagnie

Malgré le rejet clair et net exprimé par les Cris cette semaine, la compagnie Strateco nie l’importance réelle que représente ce rejet pour l’avenir du projet. Dans un communiqué émis ce matin, la compagnie se rabat sur les quelques appuis qu’elle récolte en région, dont celui de la mairesse de Chibougamau. Mais même cette dernière a reconnu que le projet ne pourra aller de l’avant sans l’accord de la nation crie.

Face aux risques à long terme pour l’environnement et les populations locales et compte tenus des alternatives déjà existantes, la coalition Pour que le Québec ait meilleur mine ! demande un moratoire sur les mines d’uranium au Québec.
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Pour information :

• Ugo Lapointe, Pour que le Québec ait meilleure mine! 514.708.0134
• Sophie Paradis, SNAP Québec, 524.603.7627

La coalition Pour que le Québec ait meilleure mine ! a vu le jour au printemps 2008 et est aujourd’hui constituée de plus d’une quinzaine d’organismes représentant plusieurs milliers de membres au Québec. La coalition s’est donnée pour mission de revoir la façon dont on encadre et développe le secteur minier au Québec, dans le but de promouvoir de meilleures pratiques aux plans social et environnemental.

Les membres actuels de la coalition : Action boréale Abitibi-Témiscamingue (ABAT) - Association de protection de l’environnement des Hautes-Laurentides (APEHL) - Coalition de l’ouest du Québec contre l’exploitation de l’uranium (COQEU) - Comité vigilance Malartic (projet minier Osisko) - Conseil central de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) en Abitibi-Témiscamingue et Nord-du-Québec - Écojustice - Forum de l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM - MiningWatch Canada - Mouvement Vert Mauricie - Nature Québec - Professionnels de la santé pour la survie mondiale - Regroupement pour la surveillance du nucléaire - Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE) - Sept-Îles sans uranium - Société pour la nature et les parcs du Canada section Québec (SNAP Québec) - Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) - Tous nouveaux membres sont les bienvenus.